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Immigrée

By Stefie  |   From : Haiti  |   School : Everglades High School

Le 16 juillet 2016 ! Je n’oublierai jamais cette date. C’est le jour où j’ai laissé mon pays d’origine (Haïti) pour immigrer au États-Unis d’Amérique.

J’ai laissé derrière, ma famille, mes amis, mes habitudes, toute un monde.

Ma vie en Haiti n’était pas misérable. Non, tout au contraire elle était assez abondante.

J’étais dans une des écoles les plus remarquables du pays, j’avais des activités périscolaires inerrantes, et une famille et des amis extraordinaires.

Quel était donc le problème vous demandez-vous ?

Voilà : Il se passe qu’Haïti, aussi prestigieux qu’il soit à mes yeux, est un pays à ressources très basses et sans privilèges. Même pour ceux qui travaillent le plus dur il est difficile de percevoir quelconques progressions. Mes parents ont toujours travaillé dur pour leurs enfants et voir tous leurs efforts jamais arriver à un aboutissement était alarmant.

Ils ont donc décidé de notre immigration à mon frère, ma mère et moi aux États-Unis. Mon père est resté en Haïti. Il ne trouvait pas sa place dans un pays où il faudrait tout recommencer ; il avait déjà son business, son patrimoine et tout son apanage là-bas.

 

Le jour de mon arrivé, tout était si captivant mais en même temps si flou. C’était comme un univers dans lequel j’aimais vivre mais que je ne comprenais pas. Plus précisément le fait que je ne parlais pas l’anglais était d’une lourdeur embarrassante. Je ne comprenais pas ce qu’on me disait et je ne pouvais pas communiquer avec les personnes qui me parlaient. J’utilisais « Google traduction » pour me faire comprendre, tout le temps !

De cela, mon premier jour d’école était l’une des expériences les plus déplaisantes de ma vie. De ce jour je me rappelle de tous les petits détails : comment je mangeais seule les premiers jours, comment je n’avais aucun amis, et ne connaissais personne fiable, et surtout comment j’étais désorientée dans mes cours.

 

Vers les semaines suivantes, je commençai à me faire des amis, des haïtiens tout comme moi, des hispaniques, des asiatiques hispaniques, de tout quoi! Ils étaient immigrants comme moi, donc on s’entendait très bien et on avait beaucoup de points en commun. Je commençais à m’habituer au système et de jour en jour, j’étais moins triste et déprimée.

L’une des classes qui m’intriguait le plus était ma classe d’ESOL, un programme dans lequel on apprenait l’anglais à ceux qui ne le parlaient pas.

Cette classe était comme un rayon de soleil brûlant à plus de 15 000 000 degrés Celsius.

Cette classe était si différente des autres, elle était si accueillante. Nous parlions tous des langues différentes, nous étions tous si différents mais nous nous entendions très bien et nous nous comprenions ; tout ça juste parce que nous avions un point en commun : nous ne parlions pas l’anglais.

A ce stage Google traduction était devenu sacré pour nous, c’était comme notre bible. On l’utilisait pour tout et partout : ça passait du français à l’espagnol, puis du mandarin au créole haïtien, et sans oublier du portugais  au vietnamien sans compter les autres langues

 

Personnellement m’associant à toutes ces personnes eu un impact assez bénéfique sur moi. En parlant avec mes amis hispaniques mon espagnol s’est amélioré et développé. Parfois, il arrivait même qu’on utilise plus Google pour se parler mais qu’on parle directement en espagnol. Je les aimais, je les admirais et les considérais comme mes nouveaux amis.

Due à ma vivacité et mon enthousiasme, on s’est très vite rapproché et une complicité naquit. On s’entraidait dans nos difficultés, on se donnait les réponses lors des examens et on se copiait tout le temps.

Nous étions sans gênes de le faire parce que nous savions que notre situation était mutuelle et que nous devions nous soutenir peu importe quoi. On se donnait du courage et nos journées passées ensembles étaient merveilleuses. Quand on se séparait, mes journées passaient de merveilleuses à malheureuses.

Elles étaient fatigantes et pas toujours satisfaisantes même si je faisais de mon mieux. Ce ne sont pas tous les profs qui acceptaient l’utilisation du téléphone dans leur classes et certains ne m’en faisait pas une exception. Parfois, je rentrais à la maison et je pleurais. Je disais à ma mère comment il m’était souvent difficile de suivre mes cours et comment j’endurais. Mon père me manquait extrêmement et je voulais le voir. Sans oublier mes amis auxquels je pensais au moins trois fois par jour. Elle me consolait et m’expliquait que ce ne serait pas facile et qu’il fallait souffrir pour réussir.

Je devais m’aider moi-même, l’aider elle, et aider mon petit frère de 6 ans qui lui non plus ne comprenait  pas l’anglais.

Alors, je continuai à essayer et essayer encore et encore. J’avais le soutien incontournable de mes amis, mes profs, mes parents, et des adultes de mon environnement. Je ne voulais pas lâcher prise et j’avais cette forte envie de me faire comprendre et accepter en autres sortes ; je n’étais pas prête à abandonner.

 

Après un laps de temps à pratiquer, à regarder la télé et me tuer à comprendre l’anglais, je m’étais grandement améliorer. Je communiquais parfaitement bien, et mes conversations étaient beaucoup plus durables et compréhensibles. Certes, j’utilisais toujours Google traduction, mais mon vocabulaire était devenu plus vaste et étendu. Les mots que j’employais étaient “soutenus” et mes accords étaient parfais. Je recevais beaucoup de compliments de la part d’inconnus, de professeurs et surtout de ma famille, j’étais très fière, tout comme mes parents et je comptais en faire beaucoup plus.

Académiquement, j’étais irréprochable. J’avais que des A et des B et mes professeurs m’adoraient.

Très vite je me suis définitivement habituée au système. J’étais très compétente et ma moyenne générale était très haute. Je savais ce que je voulais et ce que je cherchais. Comme ma mère me le rappelle souvent, je ne suis pas venu dans ce pays pour jouer et perdre mon temps, je suis venu chercher et je me dévouais à la recherche de cette réussite.

De nos jours, mes performances académiques sont plus que satisfaisantes et je fais la fierté de mes parents. Maintenant, je suis au “High School” où je continue à voir tous mes amis. On parle tous l’anglais parfaitement bien et on est là les uns pour les autres.

Je remercie Dieu chaque jours pour toutes ces portes  ouvertes à ma famille et moi, pour toutes ces opportunités saisies.  Autant que je vis je continuerai à faire tout ce que je fais en donnant le meilleur de moi et en faisant la fierté de mes parents qui ont tout sacrifié juste pour mon bien être.

 

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