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Je suis venu à cause de la guerre

By Atiqullah  |   From : Marseille, France  |   School : College Rosa Parks

Je suis venu en France à cause de la guerre il y a deux ans, en 2015.

I came to France because of the war. It was 2 years ago, in 2015.

Atiqulah en situation #2

I lived in Achin, Nangarhar Province, Afghanistan. It is a small village surrounded by mountains. I lived with my family: my father, my mother, my sister, Khasmina who is 18 years old and my three brothers. Alman  11, Faizoulamin 13 and the youngest, Ahmad,  4. My father drove American oil trucks going to/from Kabul. He would leave for two months then come home and stay with us for a month before leaving. My dad was rich in the village and sometimes there were problems with the other inhabitants who did not have any money. One day, he bought a nice car and he left, with friends, to try it in the village but they ran over a bomb which exploded. A friend of my daddy died and my daddy had his legs crushed by the explosion. He stayed there for two hours because the others were afraid another bomb would explode. Finally, my dad’s cousin picked him up and took him to the hospital in Jalalabad, an hour and a half from my village. But, my dad didn’t want to stay there because the doctor wanted to amputate him so he said he had money and he wanted to go to Pakistan. He returned after a year with my mother’s brother who lived in Pakistan. My daddy still had his legs but he had to lie down. His eyes hurt; his ears hurt from the explosion. So, he exercised so that he could walk again on crutches. But he had lost his job.

 

There have always been a few Talibans in my village, but now there are many: we changed the president or I don’t know why … During the day, they are in the village and at night, they go to the mountains because ‘they are afraid of the police. There are locals in the village talking with the Talibans to tell them that the police are coming. The Talibans have weapons. They put people in jail underground. They often come to school armed and pick up students to ask them questions about what they are learning and then talk to the principal. At school, it’s half a Koranic school and half like a college in France: you learn Pashto, English, math and science. The Taliban are not happy about studying English.

 

There are child abductions on the way to school. For example, they stop cars and bring children down. For money. They take the children, then they call the parents and ask them for money or they kill the children. I don’t know who it is, whether it’s the Taliban or somebody else.

 

A year before I left, the Daesh/ISIS men arrived and started fighting with the Taliban. They are very dangerous, more than the Taliban: the Taliban put you in prison while Daesh/ISIS kills you. One day, they beheaded a man from the village who had been seen leaving with the police. They picked him up from his home, interrogated him, asked him what he had said to the police, and beheaded him. Once I was riding my bike that I had put the flag of Afghanistan on and an IS man tore my flag and put the ISIS flag in its place.

 

 

—————– TEXTE d’ORIGINE EN FRANCAIS —————–

J’habitais à Achin, dans la province de Nangarhar, en Afghanistan. C’est un petit village entouré par les montagnes. J’habitais avec ma famille : mon père, ma mère, ma sœur, Khasmina qui a 18 ans et et mes trois frères. Alman a 11 ans, Faizoulamin a 13 ans et le plus petit, Ahmad, a quatre ans. Mon père conduisait les camions américains de pétrole qui vont à Kaboul : il partait pendant deux mois puis revenait à la maison et restait avec nous un mois avant de repartir. Mon papa était riche dans le village et il y avait parfois des problèmes avec les autres habitants qui n’avaient pas d’argent. Un jour, il a acheté une belle voiture et il est parti, avec des amis, l’essayer dans le village mais ils ont roulé sur une bombe qui a explosé : un ami de mon papa est mort et mon papa a eu les jambes broyées par l’explosion. Il est resté là deux heures parce que les autres avaient peur qu’une autre bombe explose. Finalement, le cousin de mon papa est allé le chercher et l’a emmené à l’hôpital à Jalalabad à une heure et demie de mon village. Mais, mon papa ne voulait pas rester là-bas car le docteur voulait l’amputer alors il a dit qu’il avait de l’argent et qu’il voulait aller au Pakistan. Il est revenu au bout d’un an avec le frère de ma mère qui habitait au Pakistan. Mon papa avait toujours ses jambes mais il devait rester allongé. Il avait mal aux yeux, aux oreilles à cause de l’explosion. Alors, il faisait du sport pour pouvoir remarcher avec des béquilles. Mais il avait perdu son travail.

 

 

Il y a toujours eu quelques talibans dans mon village mais maintenant il y en a beaucoup : on a changé de président ou je ne sais pas pourquoi… Dans la journée, ils sont dans le village et la nuit, ils vont dans la montagne parce qu’ils ont peur de la police. Il y a des habitants dans le village qui parlent avec les talibans pour leur dire que la police arrive. Les talibans ont des armes. Ils mettent les gens en prison sous la terre. Ils viennent souvent à l’école, armés, et prennent des élèves pour leur poser des questions sur ce qu’ils apprennent et ensuite ils parlent avec le directeur. À l’école, c’est moitié une école coranique et moitié comme le collège en France : on apprend le pashto, l’anglais, les maths et les sciences. Les talibans ne sont pas contents qu’on étudie l’anglais.

Il y a des enlèvements d’enfants, sur le chemin de l’école. Par exemple, ils arrêtent les voitures et font descendre les enfants. Pour l’argent. Ils prennent les enfants, après, ils appellent les parents et leur demande de l’argent sinon ils tuent les enfants. Je ne sais pas qui c’est, si c’est les talibans ou d’autres.

Un an avant que je parte, les hommes de Daech sont arrivés et ont commencé à se battre avec les talibans. Ils sont très dangereux, plus que les talibans : les talibans te mettent en prison alors que Daech te tue. Un jour, ils ont décapité un homme du village qu’on avait vu partir avec la police. Ils sont allés le chercher chez lui, l’ont interrogé, lui ont demandé ce qu’il avait dit à la police et l’ont décapité. Une fois, je roulais avec mon vélo sur lequel j’avais mis le drapeau de l’Afghanistan et un homme de Daech a déchiré mon drapeau et a mis celui de Daech à la place.

 

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